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Les prises de tête : nous les femmes.

Les prises de tête : nous les femmes.
Peut-on vivre sans se prendre la tête ? Oyez la joyeuse nouvelle : non ! « La condition humaine est en elle-mm anxiogène, reprend Alain Braconnier. Heureusement. Car, si nous n'avions aucune crainte concernant notre valeur, nous ne chercherions pas à nous améliorer et à progresser. » En effet, pourvu qu'elle soit passagère, la prise de tête a ses avantages : elle permet d'anticiper le danger, donc de s'y adapter en élaborant des moyens d'action. Par ailleurs, elle est source de curiosité, de créativité, de sensibilité et d'intelligence. Mais une rumination trop intense paralyse la réflexion, au point qu'on ne distingue plus ses vrais soucis des peccadilles. Notre système de pensée tourne alors à vide, ce qui est fatiguant et déprimant, pour nous comme pour nos proches. « Les personnalités obsessionnelles auront alors du mal à passer à l'action, alors que les personnes imaginatives, plus impulsives, prendront des décisions irréfléchies », alerte Alain Braconnier.
Il existe donc plusieurs types d'overthinking, qui ne sont d'ailleurs pas incompatibles. Mais, là où c'est drôle, c'est qu'on peut tous les apprivoiser. Et, à la fin, notre cerveau ronronne, vous allez voir comment.

Baptisée «overthinking » par les psys états-uniens, la prise de tête consiste à « examiner, interroger ses pensées et sentiments négatifs », explique Susan Nolen-Hoeksema. Au début, les pensées se focalisent sur l'événement qui vient d'avoir lieu, puis elles glissent peu à peu vers d'autres situations du passé, du présent, brassant pêle-mêle nos doutes les plus intimes. A l'origine de la prise de tête, l'anxiété, qui est la représentation affective de l'incertitude. Contrairement à la peur, réaction à un danger réel, l'anxiété sert de signal à un danger intérieur et inconnu. Voilà pourquoi elle trouve ses ressorts dans une imagination débordante, dont elle se nourrit pour élaborer des scénarios de plus en plus anxiogénes.
Les femmes ruminent plus que les hommes parce qu'elles sont plus émotives. Par ailleurs, les femmes entretiennent des réseaux amicaux et sociaux plus étendus et profonds que les hommes. Mais ces facultés d'emphatie ont un revers, car, si elles sont une source d'enrichissement personnel, elles donnent aussi matière aux ruminations. En effet, leur image d'elles-mm est trop souvent basée sur les opinions d'autrui.

Cosmopolitan
# Posté le lundi 05 juin 2006 17:29

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